Au XXIe siècle, quel rôle pour la nation ?
Lettre Numérique de la Fondation Charles de Gaulle, 16 février 2022.
La notion de nation n’a cessé d’évoluer au fil des siècles. A l’époque médiévale, le concept de nation correspond à un groupe d’hommes ayant une commune origine et ses frontières ne sont pas encore Fixées. Au XVIIIe siècle, Jean-François Lambert, inspecteur des apprentis de l’Hôpital général, qui se cache en province pendant la Terreur, publie en 1792, un ouvrage intitulé « Qu’est-ce qu’une nation, un corps politique, un État ? ». La France révolutionnaire est alors, depuis le mois d’avril, en guerre face aux monarchies européennes qui désirent rétablir Louis XVI dans ses droits monarchiques.
A la suite de l’abolition de la monarchie et de la victoire des troupes révolutionnaires à Valmy, le 20 septembre 1792, la République est furtivement proclamée par la Convention nationale le 22 septembre, sur proposition de Danton. Puis les députés prêtent serment de fidélité à la République décrétée « une et indivisible ». En à peine quatre ans les Français sont ainsi passés d’une monarchie de droit divin, vieille de près de mille ans, à un régime républicain.
Un travail constitutionnel est alors engagé par la Convention. Royalistes, modérés et radicaux vont s’affronter jusqu’à la prise du pouvoir par les députés montagnards, déterminés à contenir les contestations des royalistes, des girondins et des modérés.
La chute de Robespierre, guillotiné le 28 juillet 1794, met fin à l’épisode de la Terreur. Une période marquée, cependant, par deux novations inspirées des droits de l’Homme : l’instauration du premier suffrage universel masculin et la première abolition de l’esclavage par la constitution de l’an I (24 juin 1793) qui, en définitive, ne sera pas appliquée.
La notion de nation fait surtout débat au XIXe siècle : pour les uns, la nation fait l’objet d’un consensus sous la forme d’un « plébiscite du quotidien » (Renan) ; pour les autres, c’est un regroupement d’hommes de culture commune (Fichte), ce qui conduit aux dérives du nationalisme allemand (Johann Gottlieb Fichte (1762-1814) est un philosophe allemand adepte d’un pangermanisme exaltant la prédestination de l’Allemagne au gouvernement du monde. Il est l’auteur de 14 célèbres discours à la nation allemande et, avec Friedrich List, d’un programme politique préconisant la constitution d’une « Europe du centre » sous influence culturelle allemand.) . Le XIXe siècle européen connait à cette époque une lutte entre les « nationaux » et les Empires. La France y constitue un espoir et un soutien pour les premiers (Italie et Pologne).
Au début du conflit franco-prussien de 1870, l’historien Fustel de Coulanges considère, dans un écrit intitulé « L’Alsace est-elle allemande ou française ? », que « ce qui distingue les nations, ce n’est ni la race, ni la langue. Les hommes sentent dans leur cœur qu’ils sont un même peuple lorsqu’ils ont une communauté d’idées, d’intérêts, d’affections, de souvenirs et d’espérances. Voilà qui fait la patrie ».
Par Jean-Marie Dedeyan, Vice-président de la Fondation Charles de Gaulle.
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