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Chers amis lecteurs,
Ce début d’année 2025 consacre un changement radical d’ère géopolitique pour les Européens en particulier et pour le monde en général, de la même ampleur que la chute du mur de Berlin, mais à l’inverse davantage porteur de risques que d’espoirs.
Sous les assauts disruptifs de la nouvelle administration américaine pour renverser l’ordre établi et garantir aux États-Unis de nouveaux avantages commerciaux, y compris au détriment de ses alliés, et sans considération stratégique ou éthique, les Européens se réveillent en état de choc. Après l’agression armée russe au cœur de l’Europe, en violation du droit international, l’impossible s’est à nouveau réalisé. Cette fois-ci, le « cygne noir » a pris la forme de l’improbable convergence des intérêts des États-Unis avec ceux de la Russie, au détriment des Ukrainiens et des Européens.
Partagés entre sidération et déni, les alliés européens découvrent avec consternation et amertume l‘ampleur de leur dépendance aux États-Unis en matière de sécurité et de défense. Leur investissement de plus de 70 milliards d’euros ces dernières années dans l’industrie de défense américaine, notamment pour l’achat de F35, dans l’espoir d’une garantie de sécurité américaine s’est révélé vain voire contre-productif.
Face à leur nouvelle solitude stratégique, les Européens doivent désormais faire preuve d’une plus grande solidarité stratégique entre eux. Ils sont néanmoins confrontés à un triple défi :
- à court terme, poursuivre le soutien à l’Ukraine en compensant le repli américain et en accompagnant la négociation en cours de cessez-le-feu ;
- à moyen terme, adapter le principal outil de défense collective en Europe, l’OTAN en renforçant substantiellement leur contribution au sein de ses structures de commandement et en compensant progressivement les capacités stratégiques américaines de soutien qui pourraient potentiellement faire défaut ;
- à long terme, renforcer durablement leurs capacités militaires, grâce à une base industrielle et technologique de défense européenne consolidée plus efficace, et repenser les structures européennes de défense et de sécurité pour atteindre une véritable autonomie stratégique de décision et d’action, y compris vis-à-vis de partenaires imprévisibles.
Mais contrairement au narratif entretenu par nos compétiteurs stratégiques depuis longtemps dans leurs campagnes cognitives contre notre population, l’UE n’est pas totalement démunie. En effet, elle dispose de nombreux atouts (démographique avec 450 millions d’habitants, deuxième économie du monde avec 20 trillions d’€ de PIB, les talents les plus brillants dans tous les domaines, l’expérience liée à sa longue et riche histoire, l’état de droit …) qui surpassent largement ses défauts.
C’est au cours des crises que l’Europe avance. Plusieurs blocages considérés comme impossibles à surpasser ont été levés, grâce par exemple au mouvement inédit du futur chancelier allemand pour que l’Allemagne s’investisse pleinement dans une défense véritablement européenne plus indépendante des États-Unis, ou grâce à la décision historique de l’UE d’exclure les dépenses de défense de la règle de déficit excessif pour faciliter le financement de la défense européenne. Avec l’opportune publication du livre blanc sur le futur de la défense européenne, ce sont autant de bons points de départ qui actent la prise de conscience collective des États-membres de l’UE, sur la nécessité d’agir sans tarder pour préserver leurs intérêts.
Si elle reste unie et reprend confiance en elle, en décidant résolument de renouer avec la puissance dans toutes ses dimensions, l’UE pourra répondre aux défis actuels avec ses partenaires otaniens désireux de s’y associer et les autres démocraties libérales attachées à l’état de droit, en valorisant ses atouts pour affirmer son ambition et sa vision du monde.
Bien évidemment, les difficultés à surmonter sont immenses et beaucoup reste à faire. Grâce à ses membres, EuroDéfense joue pleinement son rôle d’aiguillon et contribue activement à l’effort commun vers une défense européenne plus forte, plus stratégique et plus autonome.
Fidèlement,
Jean-Marc Vigilant,
Général de division aérienne (2s)
Président d’EuroDéfense-France
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